Après deux jours de top départ à 8h30, Karine avait négocié de commencer à 10h le samedi. Mais c’est à 9h qu’on est réveillées en sursaut par notre sonnette (remontée immédiate dans le Top Ten des trucs-à-faire-en-urgence de l’item « changer la sonnette ») actionnée par Patrick, venu sans prévenir nous apporter des plantes : un rudbeckia, des iris jaunes et un hémérocalle, à replanter d’urgence. Groumpf.
Gilles nous trouve donc la bêche à la main. Je lâche tout pour voir avec lui le démarrage du motif. Comme j’ai déjà fait le calepinage, ça va vite. On commence par la liaison avec le parquet. Ces carreaux ne sont pas entiers, les découpes commencent donc tout de suite : la carreleuse a du mal, Gilles passe à la scie à eau. Et la meuleuse pour les contournement de tuyaux : ils sont tous par là, Gilles commence donc par le plus chiant.
Une fois ces découpes préparées va commencer la pose : Gilles appelle de nouveau la malaxeuse à la rescousse pour la colle. Je le comprends : mêmes quantités (sac de 25kg), mais une consistance plutôt « gateau au yaourt ». La couleur par contre, c’est plutôt pâte de kiwi…
Le parquet est décidément nettement au-dessus : Gilles rajoute pas mal de colle pour rattraper la différence de niveau. C’est pas plus mal, ça fait une légère pente vers la cuisine, en cas de (petite) inondation l’eau restera sur la surface carrelée sans envahir le parquet.
La photo de gauche montre aussi la super technique de Gilles pour placer les croisillons. Si on en consomme plus, par contre on les recupère plus facilement, et on n’a pas à leur couper les bras.
Pendant ce temps au jardin
Pendant ce temps, on oeuvre dans le jardin avec Karine : j’ai choisi un joli coin pour mettre les iris de Patrick, je décide de faire ça bien pour une fois, Karine creuse sur 30 cm pendant que je récupère des bulbes de narcisses à l’endroit où ils prolifèrent et où on voudrait faire un chemin. On met les plus gros au fond, avec quelques bulbes de jacinthes, un peu de terre, les moyens, un peu de terre, les petits, et en haut les iris et des fraisiers qui s’étaient perdus. Ca va faire joli quand ça va sortir tout ça, dommage que ça soit au fond du jardin ;o)
Les cabochons
Je fais des allers-retours pour aller voir Gilles qui avance : j’ai en effet la lourde responsabilité de lui indiquer au fur et à mesure quels cabochons il doit mettre : entre l’alternance rouge/blanc, les vrais (visibles) et les faux (cachés par les meubles), et les cabochons à motif, il y a de quoi se perdre. Heureusement j’ai mon anti-sèche.
Les faux cabochons permettent de faire des économies tout en gardant l’alignement (ou plutôt le décalage) : ce sont des carreaux de grès gris clair et noir, récupérés sur des trames. Même les faux respectent donc l’alternance clair/foncé, attention ! ;o)
Quant aux cabochons à motifs, il donneront lieu à de grands débats (!) : les poissons doivent-ils sortir de l’évier ou y rentrer, l’oiseau rentrer par la fenêtre ou s’échapper ?
Gilles a été très impressionné par mon anti-sèche en relief (deux feuilles quadrillées, une pour le carrelage, une pour les murs, et les meubles que l’on peut soulever : ainsi on peut bouger le sol indépendemment jusqu’à trouver le placement idéal), et elle nous a été bien utile, donc je vous la mets.
La dalle de chaudière
Après le premier tour, je récupère le reste de colle, j’y rajoute un peu d’eau pour la ramollir, et hop, je commence à carreler le socle en dessous de la chaudière (que nous avions ragréé jeudi). Comme première expérience, c’est pas vraiment la joie :
le bord du socle n’est pas droit, je dois donc trichouiller sur les deux premières rangées pour ne pas avoir des carreaux qui dépassent de 2cm le bord
- les deux carreaux que je pose en damier n’ont pas du tout la même épaisseur. Donc pas la même épaisseur de colle pour compenser… et le niveau toujours à portée de la main
- je travaille sous la chaudière : pour vérifier que tout est bien aligné, ou simplement pour placer les carreaux, je dois donc rapidement me pencher à ras des carreaux, c’est super confortable
.
comme je n’ai les outils de coupe qu’aujourd’hui, je fais toutes les découpes d’avance. C’est un peu hasardeux, mais à la pose je me rendrai compte que je ne me suis pas trop plantée, ouf
- pour les coupes par contre, rien à dire : que ce soit le grès ou la faïence, le premier carreau sera raté dans les deux cas. Les autres nickel, certains se séparent même en deux dès que j’ai marqué, sans que j’ai à appuyer : les souvenirs du vitrail reviennent !
- Et pour étaler la colle, j’ai un tout petit peigne qui était collé sur le couvercle d’un pot de colle. Finalement ce format de poche convient bien à l’exiguïté des lieux. Par contre je passe mon temps à le perdre dans l’auge : couvert de colle il devient invisible…
Retour à la cuisine
A mesure que la fin de la cuisine approche, Gilles réalise avec inquiétude que nous allons être très juste en carreaux de grès, alors que nous devions être très très large. Explication : le vendeur qui nous a soutenu que les paquets faisaient 1,6m2… s’est complètement planté ! On sort la calculette et on trouve 1,08m2. Gloups.
Avec 7 paquets ça va être chaud. La promo s’est terminée il y a deux semaines avec un rabais supplémentaire « débarrassez-moi de tout ça », c’est pas la peine de chercher, d’autres carreaux à Casto, y’en a plus.
Heureusement il y a pas mal de découpes, Gilles réutilise les chutes et n’a pas fait de casse. Et il n’a pas intérêt à en faire : selon ses
calculs, on est bons au carreau près. Effectivement une fois fini le tas de chutes est tout petit petit… Les dernières découpes sont donc faites à la scie à eau et en serrant les fesses… « Je vais bien, tout va bien… »
Et Karine pendant ce temps ? Elle prépare les sandwiches, désherbe le carré de fraisiers (attention les pissenlits, Attila est de retour), et nous fait un superbe gratin pour le dîner. On montre à Gilles le détail classe : les sous-verres assortis aux cabochons (quatre carreaux de 10×10, tout simplement).
Après la glace et ses groseilles du jardin, Gilles part prendre un repos bien mérité et moi… je récupère le fond de colle et je redescends finir mon socle. Même en raclant bien il me manquera de quoi poser deux carreaux et quelques découpes, là tout au fond dans le coin. Bon, il est minuit, je finirai un autre jour, hein.