Il y a vraiment des moments où, loin d’avancer, on a furieusement l’impression de reculer… Résumons : il y a un peu plus de deux ans, nous avons fait changer trois de nos fenêtres. La plus grande de celles-ci ,dans notre chambre, avait, l’hiver venu, du mal à se fermer, frottant sur le bas du cadre. Cette année, je décide de m’attaquer au problème et fais venir un spécialiste pour un réglage. Le pauvre galère car quand ça va en bas, c’est en haut que l’oscillo-battant frotte. Il finit par mesurer, verdict : le cadre se gauchit, remontant un chouia au milieu, chouia qui suffit pour que ça frotte. Il faut bien que le bois travaille, mais s’il pouvait travailler dans un autre sens ça m’arrangerait. Proposition de correction : il faudrait fixer une équerre sur le dessous de la fenêtre qui « tirerait » légèrement le cadre vers le bas. En tout cas l’empêcherait de remonter.
Quelques jours plus tard, je me décide à démonter le Fermacell (qui heureusement n’est pas encore enduit dans cette pièce)… et fais une découverte inquiétante : la laine de bois est humide contre le mur, sent le moisi, le papier peint se décolle, le plâtre est trempé… voie d’eau ! Vérification faire, le mur est à 12 degrés et 82% d’humidité. La condensation ne fait pas tout car ailleurs que sous la fenêtre tout va bien.
Je pense d’abord à une mauvaise pose de la fenêtre (fiche pathologies infiltrations) :
pas de lame d’air sous l’appui (goutte d’eau) : tenter de la recréer avec un ciseau ou au Multi. Je cite : Dégagez à la truelle à joint la traverse basse du dormant : de cette façon l eau ne remontera pas par capillarité dans le bois de lhuisserie et ne la dégradera pas. Bien sur, la traverse basse a été non seulement collée, mais soigneusement cimentée à l’appui…
- sans doute pas de joint compriband (aurait dû être posé sur les tapées et en bas, sur le rejingot ou sur le dormant) : pour étanchéité à l’eau (je cite : Les dispositions constructives prévoient normalement la mise en place d un cordon d étanchéité entre le rejingot et la menuiserie.
La continuité de ce cordon doit être parfaite et son épaisseur suffisante. Sa mise en place, avant pose de la menuiserie, permet de mieux en contrôler l application. Mais, trop souvent, ce calfeutrement est réalisé par extrusion rapide et sans fond de joint après la pose de la porte-fenêtre. Des vides, en particulier dans les angles, sont alors possibles, laissant l eau passer.)
- joints réalisés à la mousse et plâtre (étanche à l’air seulement)
- joints extérieurs en ciment (attire l’eau) : pas sur cette fenêtre mais usr les deux autres. Ici a bien été utilisé du mastic acrylique.
- je ne suis même pas sure que les grilles d’aération aient été posées dans le bon sens…
Mais il s’avère en fait que c’est bien plus simple : j’ai fait sauter le plâtre humide, et trouvé un endroit de la pièce d’appui en maçonnerie, sur laquelle repose -est censée reposer- la pièce d’appui en bois de la fenêtre, plus humide que les autres, je gratte un peu la mousse expansive… et je vois l’inclinaison de la goutte d’eau… dans la chambre !
Puis je vois dehors : la pièce d’appui de la fenêtre est trop courte ! Elle arrive au ras du mur, en arrière de la maçonnerie (qui en plus n’a pas de rejingot, donc l’eau ne s’écoule pas vers l’extérieur). C’est bien la peine de mettre des tappées d’isolation sur les côtés et d’être à touche-touche sous la fenêtre !
En fait, les poseurs auraient dû refuser de poser la fenêtre, m’imposer un recul moindre. J’aurais râlé pour mon isolant mais c’aurait été moins grave. Ou, juste, me signaler le problème pour qu’on prenne une décision ensemble. Au final, on serait peut-être tombé sur ce qui doit normalement être fait (apparemment y’a même une DTU, décidément ça leur sert à quoi aux artisans la DTU, de papier Q ?) dès qu’on pose une fenêtre en recul pour isolation, c’est à dire remplacer ou prolonger l’appui de fenêtre maçonné AVANT de poser la fenêtre.
Là non, je ne vois même pas où est le problème, les fenêtres ne reposent sur RIEN, elle sont juste suspendues aux équerres (elles mêmes tenant au mur grâce à des chevilles à frapper. Oui, dans de la brique creuse…), et pour l’étanchéité je te mets un coup de mousse et c’est torché… A part ça, ca fait 40ans qu’ils font ce métier… Oui, ça fait peur…


Bref ! Contacté, Lapeyre décline toute responsabilité sur la choix de la piece d’appui (qui a été fait par eux, a priori valeur par défaut alors que plus grand existe (mais pas plus de 135 quand même, je ne sais pas comment font les autres…). Le plus grave c’est que je leur ai demandé un devis pour le même type de fenêtre, et que l’erreur a été refaite : 160cm de doublage, pièce d’appui de 115 ! Mais à part ça c’est ma faute…


Je contacte l’installateur qui doit venir, un de ces jours. En attendant, la tempête fait rage et il pleut dans la chambre.







Et je sais que dans le séjour (derrière un Fermacell posé et enduit…), le même problème se présente. Heureusement dans la cuisine on devrait être tranquilles, le doublage faisait 2cm de moins.
Ne voulant pas démonter les fenêtres, je réfléchis aux solutions pour réparer le problème a posteriori. Peut-on prolonger le rejingot de maçonnerie ? D’après cet article, le rejingot aurait du être prolongé avant, peut-on le faire après ? Il faudra l’armer, ne pas remplir comme un sagouin pour garder quand même une pente/goutte d’eau, mais surtout comment assurer une bonne étanchéité à l’endroit de la jonction entre le rejingot et son prolongement ? Risque d’infiltrations à cet endroit où pile là où justement l’eau coule. Protéger cette jonction en collant qqch entre la piece d’appui en bois et celle que l’on maçonne ? Du film polyéthylène ? Une bande d’étanchéité comme sur les douches ? Piocher pour décaler cette jonction ?
Et après,une fois sec, entre le rejingot et la pièce d’appui, je mets quoi pour refaire l’étanchéité ? Compriband c’est mort, silicone puis mousse expansive ? Ce travail de récupération de connerie doit être fait avec délicatesse et paranoia, bref je ne fais aucune confiance à notre installateur pour les mener à bien…
Quand les rejingots auront été refaits (si c’est bien vers cette solution qu’on s’oriente), je piocherai le plâtre humide, le remplacerai par un enduit chaux, et, par précaution, collerai une ou deux couches de liège en rouleau avant de remettre l’isolant en laine de bois. Je sens que je vais vachement hésiter avant d’enduire à nouveau les vis du Fermacell, moi…
En attendant, l’installateur ayant repoussé sa venue plusieurs fois Karine me conseille d’appeler un autre maçon dont j’ai pu voir la qualité : Tonton René, pour qu’il nous donne son avis. Il vient dès le lendemain (un dimanche). Pour lui, prolonger la pièce d’appui au ciment est inutile car la jonction sera sensible. Il me conseille de :
- blinder au silicone côté dehors : fait sur les deux fenêtres. Je me suis dépêchée car il fait un froid de gueux et il pleut tous les soirs…
- gratter toute la mousse expansive (non étanche à l’eau)
- blinder au silicone dedans aussi
- poser la fameuse équerre pour laquelle j’ai tout démonté, à l’origine ! (je suis fichue d’oublier)
- fermer côté chambre non au ciment mais au ciment-colle, cad la colle à carrelage (enfin pas exactement) : en plusieurs fois car on ne peut pas en mettre trop épais à chaque fois.
- finir par un enduit chaux, il trouve que c’est une bonne idée
Ce qui me ravit : une fois cette fenêtre réparée, il faudra démonter le Fermacell du salon pour faire la même chose. Youpi avec l’enduit sur les têtes de vis ça va être un bonheur. Encore heureux que je n’ai pas encore posé la toile de verre !
La cuisine est épargnée du fait qu’il y a moins de doublage : ici la goutte d’eau est récupérable (au Multi), les tours de fenêtre maçonnés (et la porte, car j’ai bêtement suivi ce mauvais exemple…) seront corrigés au printemps prochain.