A peine commandé, le poele était arrivé. Une fois la porte d’entrée installée et le seuil bien sec, on a donc été chercher la bête. Quelques surprises à l’arrivée :
- une étiquette « 9kWh, rendement 80% » pour un poele annoncé à 7 et 70. Qui croire ? J’espère juste qu’on ne finira pas en maillot quand il tournera à bloc…
- zéro mode d’emploi (enfin si y’en a un, mais il est commun à toute la gamme poels/inserts) et des pièces à monter dont on ne sait pas où elles vont… un machin triangulaire : Karine trouvera que c’est le déflecteur et Léo où le mettre, et des pierres réfractaires : vérification faite sur le ECO 3 en magasin, elles vont DANS le foyer. Sauf que non, le notre a une double paroi, donc pas besoin, et nos pierres ne sont pas dans la même matière, elles sont pour la sole du four (je ne l’ai trouvé que parce que ça rentre pile poil, merci le puzzle)
- le réglage du débit d’air en mode super-cheap, avec un morceau de métal trop petit, ce qui l’empêche de coulisser correctement. J’espère qu’un peu d’huile résoudra le problème (oui, ça résoud)
- Sur les deux côtés (les « dos »), des plaques ventilées : bon ça, ça signifie qu’on pourra rapprocher le poele du mur. En effet, ce modèle a des doubles parois, contrairement au modèle de face. Super logique, et indiqué nulle part, mais ça tombe plutôt bien.
- Oui ça tombe bien car la mauvaise surprise vient du tubage : non seulement il démarre du bas du four et non du haut du poele (obligées de rendre un tube de 25cm pour l’achanger contre un de 50, sauf que Leroy est en rupture, bon, un autre jour alors), mais il ne s’aligne pas avec la sortie de toit, même en retirant le tube de 25cm que j’avais ajouté entre les deux angles. Il faut dire qu’on n’a pas énormément de choix : soit on descend tout droit (à la le poele est au milieu du salon), soit on rajoute deux angles (et on doit pas mal rapprocher le poele du mur, en tout cas à moins de 15cm). A suivre…
- La hauteur du range-buche sous le poele : 20cm seulement, alors que je pensais 30. WTF ? Ben juste ça change la hauteur des pieds en briques de mon muret…
Bon, on s’y met ?
Je commence par monter un peu de béton cellulaire de 5 cm : à gauche sur le mur (je dépasse le bout du mur de 7cm pour fermer le coin). Pour protéger le parquet, j’ai mis une bande de liège sous le plastique en U qu’on met sous le carreau (le carreau est donc collé un peu au U mais surtout au mur). Ensuite je colle son copain de 7cm, perpendiculairement : il fait 25cm de large, il repose donc uniquement sur la chape, donc là j’encolle généreusement le U en plastique au sol. Et je charge aussi en colle sur le mur.
Le tour d’après, j’inverse : un grand de 7cm et un petit de 5, pour croiser sur le coin. Puis je prépare les briques et les mulots qui ont besoin d’être recoupés, et je mets à tremper ceux qui serviront en premier.
Puis je monte les deux pieds en briques. En effet, comme le poele ne commence à chauffer qu’au-dessus de 20cm (en-dessous on range les buches) il est inutile de faire un mur plein dès de début. Donc je fais deux pieds, entre lesquels on pourra ranger des trucs (accessibles côté couloir) : petit bois, papier, allumettes…). Les briques font 10,5cm de large et sont séparées par un espace de environ 34cm. Ce qui fait au-dessus un muret de 55cm (bon en fait 56.5 mais on va pas chipoter), composé de parpaings et de grandes briques creuses (c’est elles qui imposent la longueur du muret).
A part le béton cellulaire qui a son mortier-colle perso, je monterai tout (briques, parpaing) au mortier bâtard, cad moitié ciment-moitié chaux (et toujours 4 parts de sable, plus ou moins fin selon les besoins. Edit : au final, ce sera 2 parts de sable tamisé)
Les pieds en briques
Revenons à nos pieds. Les briques font 5.4 de haut, semelle et joint font 1cm : je fais 3 rangs, ce qui donne en hauteur (5,4+1)*3= 19,2cm. Comme une brique fait 22cm de long, et mon muret 30-31, je ruse en ajoutant un demi-mulot (5,4cm) et un demi-demi-mulot. Pour éviter de coller sur le parquet, le premier rang commence par une brique sur la chape, et son mulot a déjà été collé par en-dessous sur la brique du dessus.
Gné ? Keskédi ? C’est la réaction de Karine à la lecture de ce paragraphe, et je suppose celle de beaucoup d’autres qui n’ont pas osé me le dire. ‘Scuzez, quand on est dedans c’est limpide mais c’est vrai que ces mulots et demi-mulots c’est pas forcément clair. Je me suis donc fendue d’un petit dessin qui je l’espère, éclairera tout :
Bon, ça c’est la théorie. En pratique, j’ai eu beau m’y reprendre à trois fois, tamiser le mortier, surveiller la consistance du mélange, le mulot ne veut pas tenir par en-dessous. Un seul a tenu, de l’autre côté j’ai du me résoudre à le coller sur le sol. Comme c’était côté mur, j’ai pu m’appuyer au béton cellulaire, et à la brique que je venais de poser, puis j’ai posé dessus la deuxième brique, alignée sur le béton cellulaire.
Côté salon par contre ça a bien voulu tenir mais… Ben oui c’est le drame, pour l’aider à tenir j’ai collé cet ensemble à la brique du dessous et je me retrouve donc complètement décalée (ceux qui ont suivi savent qu’il aurait fallu un demi-demi-mulot de plus pour faire la longueur, et donc se coller en hauteur mais garder un vide en largeur). Bien sur je me suis aperçue de cela trop tard, après que le ciment a (enfin) pris.
Je me suis donc résolue à faire le troisième rang, de ce côté, avec une brique + une brique coupée juste à la mesure, 
le tout placé de façon à offrir le meilleur soutien à mon mur qui ne tiendra vraiment sur pas grand-chose au final. Je tenterai de remplir l’espace en-dessous par des demi-demi mulots, dont je sais que je ne pourrai les faire tenir par en-dessous, donc je tenterai de les maçonner sur un bout de liège. Bricolage infâme, si vous connaissez un maçon ne lui racontez pas ce que je fais…
Et le pied en…
Donc je pars sur la terrasse couper ma brique à la meuleuse. Et c’est là que le drame arriva : à un moment, je ne sais pourquoi, la meuleuse a rebondi sur la brique et m’a sauté des mains ; réflexe, j’ai bondi en arrière, mains hors de portée. Je retrouve la meuleuse par terre, tournant furieusement sur une dalle de terrasse qu’elle est en train d’entamer. Oui, le problème de cet outil c’est qu’il n’a aucune sécurité pour s’arrêter en cas de problème, c’est pourquoi comme je tiens à mes doigts je m’en sers le moins possible. Je me jette sur la multiprise et débranche le monstre. Et c’est en venant voir les dégâts que j’ai aperçu mon pied droit, sur lequel la meuleuse avait apparemment rebondi deux fois. Bien sur, je ne portais pas de chaussures de sécurité (deux claques), j’étais même en claquettes (encore deux baffes) : comme quoi je ne suis pas encore assez parano avec cet engin.
Je ne sentais absolument rien, mais vu que ça faisait vraiment une jolie leçon d’anatomie ces deux sourires, j’ai sautillé jusqu’au téléphone puis jusqu’à la porte et finalement la grille, éclaboussant le sol de sang au passage (au retour on aurait dit une scène de crime : Cluedo, Melle Lebrun, sur la terrasse, avec la meuleuse -le chandelier c’est has been). Ma mère, libre de toute activité pour une fois, m’a menée aux urgences, où j’ai été très entourée dès qu’on a dit « accident de meuleuse », et où j’ai pu admirer la dextérité du médecin pour faire les noeuds de mes points avec deux pincettes (faut que j’arrive à faire pareil quand je couds, c’est trop la classe).
Bref, me voici une fois de plus abonnée aux béquilles et interrompue dans mes travaux, en plein élan, en plein mur, en plein carrelage, en plein montage de ma jolie réserve à bois qui est presque finie, mais c’est pas cette semaine que je vais commander cinq stères, hein…