Buanderie.. ou l’épopée de la pose de dalles plastiques
Vous connaissez la loi universelle « la tartine de confiture tombe toujours du mauvais côté », il en existe une autre : « le linge propre et mouillé tombe toujours sur un sol sale et terreux ».
Après avoir pu vérifier plusieurs fois cette règle, nous avons décidé de poser enfin dans la buanderie nos superbes dalles plastiques imitation parquet achetées il y a quelques semaines dans l’intention de remédier au problème.
Etape préalable : aspirer la poussière des murs et du sol, entreprise quasi sans fin puisque les murs s’émiettent. On se transforme en espèce de choses grises ambulantes à force de recevoir de la poussière sur les cheveux, le visage, les fringues. Léo rajoute encore de la poussière en rabotant à la meuleuse ou à la masse les petites montagnes qui dépassent.
Oui parce que, normalement, la pose de dalles est (relativement) simple et rapide : si nécessaire je découpe, j’enlève le papier protecteur, je pose, j’appuie, c’est collé (normalement). On s’était même dit que, les dalles collées entièrement étant très difficiles à enlever s’il y a besoin, on ne collerait que le pourtour de la dalle. Ça donne donc (quand tout se passe bien) : (je découpe), j’enlève le papier sur le pourtour de la dalle, je pose, j’appuie, c’est collé (normalement).
Sauf que non. Le support doit être parfaitement plat. Or le sol de la buanderie n’est pas plan, y’a des trous partout et des bosses et zut. L’idéal aurait été de faire un ragréage complet mais vu la différence de niveau il en aurait fallu des tonnes. On a donc choisi le bricolage « à l’arrache » pour essayer d’aplanir « à peu près » le sol. Léo rebouche donc les trous avec du mortier ou du béton et rabote ce qui dépasse. Le temps que ca sèche et de dépoussiérer, un week-end a passé.
Autre problème : le sol reste en permanence poussiéreux comme s’il se décomposait. Les dalles refusent de tenir. Ça devient compliqué.
La photo montre aussi l’étape préalable à l’étape préalable : on a dû soulever la machine à laver et la mettre sur une planche à roulettes, pour pouvoir la bouger à mesure qu’on progresse dans la pièce. A l’heure où j’écris ces lignes elle est toujours sur la planche, ce qui est très rigolo en phase d’essorage ;o)
Léo découvre dans un bouquin qu’une couche de peinture avant la pose permettrait d’emprisonner la poussière et d’avoir un sol qui tient. Etant une experte reconnue en application de peinture blanche, c’est moi qui m’y colle le samedi.
Et dimanche on attaque : j’enlève le papier sur le pourtour de la dalle, je pose, j’appuie, c’est collé (normalement). Sauf que : certaines dalles résistent et se décollent, emportant la peinture avec ! Et puis on se rend compte que « à peu près plat », ça ne plait pas du tout aux dalles, que la moindre bosse se voit, que le moindre creux qu’on ne voyait pas ressemble à un gouffre avec une dalle bien plate qui refuse de rester dessus.
Mais heureusement, a été inventé le scotch double face grande largeur spéciale dalles vynile qui ne veulent pas coller ! On traque donc les dalles qui ont des envies d’évasion et hop, ni vu ni connu du scotch et ça tient. A peu près.
La pose des dalles au bord des murs demande une découpe. On a découvert la technique sur le net (en video s’il vous plait) mais elle demande quand même une certaine gymnastique mentale. Et puis c’est aussi tout une histoire lorsque les murs ne sont pas droits et en crépi (on vous laisse imaginer la pose des dalles dans des angles pas droits, en crépi et avec dénivelé). Et vous laisse imaginer quand, en plus, le mur en question se décompose en direct, rajoutant de la poussière alors qu’on vient d’aspirer pour la 20e fois, grr !
Après deux week-ends de lutte, on y est arrivées, notre buanderie est toute dallée de plastique imitation parquet qu’on s’y croirait presque.
Il y a un intrus sur la photo : un scion de pêcher qu’on nous a envoyé par la Poste il y a quelques jours. Il a donc fallu le planter en urgence dans un pot (dans le jardin c’est impossible, il faudrait une pioche tellement le sol est gelé, sous la neige), et nous l’avons transféré ici car l’eau utilisée pour le planter était en train de geler. Fait froid dans le cabanon. Ici, il a de la lumière naturelle, une température plus clémente, et il tient compagnie à la machine à laver et à la chaudière.
Un petit ajout de Leo :
Quelques réflexions techniques suite à cette épopée :
1 – ne jamais utiliser un mortier tout prêt dont le sac traine dans le coin de votre cave depuis deux ans. Il ne tient pas, s’effrite et vient rajouter sa poussière au reste. Ma première tentative de béton (1/4 ciment d’un sac tout neuf, 3/4 sable, en piochant dans la petite réserve du lavoir) a bien mieux tenu que mon sac de « tout pret mais qui date ». Hop, poubelle.
2 – je viens de lire sur le net : Ne pas poser les dalles par une température inférieure à 17°C, elles seraient plus rigides et plus cassantes. » J’ai le plaisir d’annoncer que ce problème-là on ne l’a pas eu (ouf !), pourtant il faisait moins de 13 degrés dans la pièce.
3 – Les dalles ne tiennent que sur un support plat. Mais vraiment plat. Avec de l’à peu près plat on s’arrache les cheveux. Donc pour le reste du sous-sol (on ne vous avait pas dit qu’on voulait le faire partout ?) il va falloir trouver autre chose car je n’ai pas l’impression que le support soit de meilleur qualité que dans la buanderie. Peut-etre sera-ce moins pire avec de grandes dalles de moquette (elles font 50cm de cote et non 30) ? Tenterons-nous le parquet flottant ? Jetterons-nous l’éponge pour nous rabattre sur une peinture sol ? Vous le saurez dans un prochain épisode. Les avis et expériences sont les bienvenus dans les commentaires.
De toute façon, il nous faudra avant rejointoyer nos belles pierres de meulière. Parce qu’un beau sol tout propre, quand les murs se décomposent, il ne reste pas propre longtemps… Donc on va devoir un jour
- vider le sous-sol (bon, on attendra qu’il fasse beau alors, parce que où on va mettre tout le bazar qu’on y entasse ?!)
- attaquer les joints pour enlever tout ce qui ne demande qu’à tomber
- évacuer la tonne de poussière que cela donne
- refaire lesdits joints avec un mortieur à la chaux (on cherche encore la recette…)
- profiter que c’est vide pour faire les sols (héhé !)
En attendant, on ramasse régulièrement les bouts de murs qui tombent…

14 mars 2010 à 18:33
Je suis en train de vous lire, dans l’ordre chronologique. Vous êtes ADMIRABLES et c’est un bonheur pour moi de revivre certains épisodes de mes vies. Mais quelle injustice! presque jamais de commentaires…Vous avez déjà drôlement bien bossé.