Jeudi, des problèmes de tailles…

Nous avons fait faire les calculs de structure par un ingénieur, mais nous commençons à nous poser des questions : le mur de la cuisine s’avère moins épais que les deux IPN prévus, « qu’à cela ne tienne n’en mettons qu’un, selon mes calculs ça tient » répond-t-il à nos maçons ! Il ne nous appelle pas, ne répond pas à nos questions quand nous prenons contact avec lui et tente de minimiser son erreur.

Jeudi matin, nous levons un autre lièvre : côté couloir nous avons opté pour une ouverture plus réduite que prévu devant ses calculs alarmistes. Mais le pan de mur qui fait la différence s’avère être rempli de plâtre : c’était l’ancienne porte d’accès au séjour. Les maçons, qui connaissent notre projet car nous l’avions dessiné sur le mur, nous assurent qu’ils n’y a aucun problème pour ouvrir en grand (si ce n’est que, là encore, nous n’avons pas commandé la bonne taille d’IPN).

Excédée, je presse l’ingénieur de venir sur le chantier dès aujourd’hui. Rendez-vous est pris pour 14h15, je pars donc en urgence abattre en 4 heures le travail d’une journée.

Les trains accusant des retards importants aujourd’hui, je décide de prendre celui qui me ramène à 13h35 (et arrivera donc, avec ses 10 minutes de retard réglementaires, à 13h45) et parviens à le prendre de justesse. Bien m’en a pris ! Le sieur est déjà là depuis un moment, à 14h il se serait envolé… J’apprendrai qu’il était en train de se prendre la tête avec les maçons qui n’ont pas respecté ses consignes, qu’ils jugent trop risquées : il met deux IPN là où il n’en faut qu’un, mais il fait reposer du béton armé sur de la brique… les maçons ont donc fait côté cuisine des piliers de béton armé pour soutenir l’IPN, ce qui n’était pas sur ses plans.

Pour l’heure, j’attaque sur le point qui me préoccupe : peut-on, oui ou non, ouvrir le mur de refend autant qu’on le voulait à l’origine, à présent qu’on voit qu’il est en grande partie en plâtre ? Il me soutient que le mur est porteur et que l’extension ne peut se faire sans renforcer le sous-sol, ce qu’il avait préconisé et qui est fort coûteux. Je vois les maçons tiquer mais je ne suis pas en mesure de le contredire.

Je me rabats donc sur le mur de la cuisine : pourquoi deux IPN de 14 si un seul suffit ? Parce que le mur était censé faire 28cm : il accuse donc Illili, notre architecte, de s’être trompée dans ses mesures. Mais les plans la mettent hors de cause, et je ne lâche pas : mettre 28cm d’IPN obligeait à atteindre une épaisseur finale de 32 cm fini avec le tableau et l’enduit, ce qui est très moche et inutile. Et à 400 euros l’IPN, si le 2e n’était là que pour faire du remplissage et n’avait aucune valeur structurelle, il y a un problème : pourquoi ne pas en mettre un seul, plus petit, tout simplement ?

Refusant d’admettre son erreur et de discuter ses choix, il me lance ses nouveaux calculs à la figure : tout va bien, puisqu’un seul suffit. Certes, mais j’en fais quoi de cette ferraille surnuméraire ? Il me lance avec mépris, pour la seconde fois de la journée, de laisser l’entrepreneur se débrouiller avec, ce que je refuse. Nous comptons bien l’obliger à assumer les conséquences de ses erreurs en défalquant ses honoraires de la valeur de la poutre, mais il nous coupe l’herbe sous le pied : vexé de voir son travail remis en cause, il m’annonce en une sortie rageuse qu’il renonce à ce chantier et à ses honoraires et part en fulminant. Les maçons et moi restons estomaqués.

Puis ils se reprennent en riant à moitié (ils sont outrés de voir une femme traitée ainsi) : « bon, maintenant qu’il n’est plus là, on peut enfin faire ce qu’on veut ? Vous voulez le casser, ce mur de refend, oui ou non ? ». Il faut décider vite, le ciment est frais, prêt à être posé pour l’ouverture d’origine. L’entrepreneur vient dans la demi-heure et nous refaisons les calculs. Vive le recyclage, on va réutiliser les poutres d’un autre chantier.

Le ciment, inutilisable aujourd’hui, est versé pour faire une mini-chape sous l’escalier du sous-sol. Après cassage du muret de brique qui nous gênait, on a une joli coin « cave à vin », plus qu’à poser les casiers à bouteilles ! Au passage, Augusto, dont le gendre est electricien, me rassure sur la qualité de la prise de terre qui s’y trouve. Mouais, nous ne serons pleinement rassurée que quand le dit gendre sera venu jeter un coup d’oeil… à suivre.

Revenons à notre mur, il est cassé en 30 minutes (j’ai à peine le temps de prendre des photos). Il pleut à seaux, les gravats restent donc au chaud dans le séjour. Même ainsi, il a fière allure et ces 80 cm en plus (ou en moins!) font vraiment la différence.

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